Levius, rêves d’un passé alternatif

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Le 25 Juillet sur le site Heaven Manga, un homme connu sous le nom de Bobo, présentait une œuvre assez singulière. Je ne la connaissais pas mais les mots qu’il employait pour en parler étaient tout à fait séduisants. Après une longue introduction, il dévoilait un manga à la couverture particulière ou l’on pouvait déjà supposer un auteur au style bien unique. C’était ce genre de couverture qui intrigue et rend curieux. Ajoutez à cela un synopsis assez intéressant et me voici quelques mois plus tard achetant le 1er tome sorti le 2 Octobre 2015. Disponible dans la collection Big Kana; écrit et dessiné par Haruhisa Nakata, voici : Levius.

Bienvenue dans un monde qui ressemble étrangement au nôtre au XIXe siècle. La différence ? Un progrès technique fulgurant qui a donné lieu à des évolutions inattendues avec notamment des hommes aux membres mécaniques. Un sport reconnu mondialement consacre ce phénomène dans ce qui est appelé la “boxe mécanique”. Nous suivons l’histoire de Levius, un garçon au passé singulier qui va se retrouver sur l’arène et faire petit à petit son chemin dans ce jeu aux conséquences parfois mortelles.

Oh ! Un automail, c’est certainement une vaine copie de Full Metal Alchemist ? Détrompe-toi conscience stupide de Poyjo, Si le bras du héros rappelle fortement celui d’Edward Elric de FMA, beaucoup de points le différencient de ce dernier. Le ton, le déroulement de l’histoire la construction des personnages et de l’univers suffisent chacun à se démarquer de la série d’Hiromu Arakawa.

Une fois l’épreuve aisée des préjugés dépassée on peut s’attaquer au matériau brut, l’histoire de Levius et de son entourage particulier. Le récit prend pied dans un décor assez fidèle à l’idée que l’on peut se faire du XIXe siècle ; auquel viennent s’ajouter des éléments steampunks contribuant à donner une atmosphère étouffante et froide. Le tout est magnifiquement illustré par le trait fin du mangaka aussi bien dans les sublimes pages couleurs du début que durant tout le premier tome ou l’on découvre petit à petit une ville dessinée dans ses moindres détails.

L’une des premières choses qui sautent aux yeux quand on découvre Levius c’est cet effet focus emprunté à la photographie usé ici d’une manière assez unique en son genre. Première fois que je voyais cette technique utilisé dans un manga et bien que ça rende bien en animation chez Kyoani, le résultat est aussi saisissant en papier. Parfois utilisé pour mettre en relief les actions d’un personnage, illustrer le décalage avec le décor ou tout simplement pour mettre en valeur un élément dans une case ; j’ai fini le tome avec l’impression d’être sorti tout droit d’un rêve.
Sentiment ambigu car c’est à la fois charmant et troublant. Je ne comprenais pas pourquoi, de temps en temps, le focus était utilisé à tel ou tel moment. J’avais parfois l’impression de nager en plein brouillard comme si l’auteur ne maitrisait pas encore totalement sa technique : donnant de temps en temps des cases impressionnantes et parfois moins réussies.

A part ça, j’aurai du mal à critiquer le dessin de Nakata. Les combats sont propres et beaux, les décors magnifiques et le mangaka semble avoir un vrai souci de la mise en scène. Sans varier la finesse de son trait, il arrive à donner une puissance incomparable à certaines de ses cases rien qu’en ajoutant une quantité absurde de détails aux endroits ou il faut.

On pourrait croire que c’est l’histoire qui pêche mais il n’en est pratiquement rien. On est embarqué facilement dans ce monde grâce à ses personnages tantôt attachants tantôt mystérieux entre l’oncle Zack le maladroit, joyeux père de substitution et coach de Levius ; la grand-mère aux répliques intrigantes, légèrement empoisonnés et qui se plaint de ce monde ; notre héros (bien qu’ordinaire dans cet archétype du personnage principal au passé douloureux et qui fait tout pour atteindre son but) qui se révèle assez classe et intéressant à suivre ; les antagonistes loin d’être enfermés dans un rôle de méchant qui veut faire du mal.

Quant à l’univers on semble en découvrir seulement les premiers éléments. Le temps parait avoir une valeur primordiale quand l’auteur parle de la soudaine manne d’innovations apportée par mystérieux génie Douglas Drake sans qui rien de tout cela ne serait arrivé ; quand on parle de ses rêves prémonitoires ; quand le lecteur confronte sa vision du XIXe à celle des protagonistes. On arrive à avoir une vue assez large du monde tout en restant accroché aux aventures du héros et de son oncle dans les tournois de boxe mécanique mais aussi à travers les évènements qui les ont rapproché de ce sport. Petit à petit le monde que nous apprenons à connaitre se manifeste comme singulièrement dangereux, tendu entre divers problèmes auxquels le jeune boxer ne semble pas complètement étranger.

Levius est une mine de potentiels en réalisation, ce premier tome sonne comme le début d’une grande épopée et j’ai déjà hâte d’en voir la suite. Peu de choses sont à jeter et on comprend ainsi pourquoi l’éditeur a voulu faire de lui le porte-étendard de sa “norme manga mondiale”. Et si on peut remettre en cause l’idée d’avoir donné au manga un sens de lecture à l’occidental aussi bien ici qu’au Japon alors que le Manga se fait désormais presque exclusivement connaitre dans son sens de lecture originel ; on ne peut pas lui enlever la beauté de l’intention qui a pour effet de classer définitivement Levius comme un manga à part parmi les sorties de cette fin d’année.

Voilà ce sera tout pour cette œuvre, j’espère vous avoir donné envie de le feuilleter. Sinon, n’hésitez pas à faire un tour sur Heaven Manga pour forger votre avis et je vous laisse avec le trailer de Kana qui est plutôt réussie.

Plus d’infos sur Levius :

PS : Je n’ai peut-être pas été très objectif (étonnant non ?), si vous voulez dire du mal de Levius, n’hésitez pas, je viendrai vous frapper prendrai en compte vos remarques.

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