Magical Girl of the End : Charme dévastateur

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Publié initialement le 26 Juillet 2015

Je ne sais rien de Kentaro Sato. Wikipedia nous apprends qu’il est né en 1986, qu’il a publié un one-shot à l’Akamaru Jump intitulé Kui King Omega en 2008 et que sa première grande série est Magical Girl of the End publié dans le Monthly Shonen Champion depuis 2012. Akata nous apprend que le jeune homme est très actif sur Internet, qu’il n’hésite pas à discuter avec ses lecteurs et qu’il est un des auteurs incontournables du Comiket. Les petites recherches que j’ai pu faire n’ont réussi qu’à me mettre le doute sur le sexe de ce mangaka. Nautiljon affirme en effet que cet homme est une femme.

Mon incompétence en japonais m’a empêché de comprendre son fil twitter mais il parait plutôt normal en apparence. L’auteur semble content de voir ses deux mangas paraitre en France et il affiche régulièrement des dessins ou des produits dérivés de ses œuvres. Mais alors que peut-il bien se cacher dans le crâne de l’auteur de l’énigmatique et étrange Magical Girl of the End ?

Kogami Kii, un lycéen des plus banal,s se plaint de son quotidien et rêve d’avoir une copine. Un jour ou il suit ses cours comme à l’ordinaire, une fille habillée étrangement fait irruption au lycée et se met à tuer chaque personne qui entre dans son champ de vision. Débute alors une chasse à l’homme ou des fillettes criant “magical” détruisent tout ce qu’elles voient avec des pouvoirs et une force inhumaine. Ce phénomène loin d’être unique, a lieu dans tout le Japon et notre héros, en compagnie des rescapés qu’il rencontre sur son chemin, se fraie un chemin pour leur survie dans les rues d’une ville dévastée.

Magical Girl…

Le magical girl ou mahou shojou est un genre à part entière au Japon, de nombreuses séries font intervenir des jeunes filles en habit de magicienne ou de sorcière devant lutter contre un mal ou un phénomène dangereux. En France on connait ce genre principalement grâce à Card Captor Sakura, Sailor Moon ou Magical Doremi. Destiné généralement à un public jeune, les séries sur ce thème ont généralement un thème joyeux avec de jolis discours sur l’amitié, la famille et parfois un peu de romance.

Cependant je serai en tort si je résumais ce genre à ça. Il faut peut-être même mettre l’accent sur le caractère travaillé de ces séries. Des noms connus trainent sur ces séries comme la compositrice Yoko Kanno (Wolf’s rain, Cowboy Bebop, Terror in Resonance,…) sur Card Captor Sakura ou le très particulier réalisateur Kunihiko Ikuhara (Utena, Mawaru Penguindrum, Yurikuma Arashi) sur Sailor Moon.  Il y a également eu de nombreuses variations que je ne saurai tous les nommer. Certains ont servi uniquement à vendre des goodies mais d’autres de véritables terrains de jeux pour de grands animateurs et scénaristes. Bien que le genre semble à priori destiné à des enfants, il touche une tranche d’âge plutôt large aussi bien au Japon qu’en dehors de la péninsule.

Et si le genre possède de nombreux codes pour le reconnaitre, ceux-ci ont régulièrement été ignoré, battu et remanié pour les besoins d’une histoire. C’est dans Puella Madoka Magika que l’on trouve l’une des plus belles gifles au Magical Girl. Ecrit par Gen UROBOCHI et réalisé par Akiyuki SHINBO au sein du studio SHAFT, il a connu un fier succès pour sa maturité et sa noirceur particulièrement inhabituelles. Vu par certains comme une descontruction du genre avec un style difficilement imitable.

akimiya.deviantart.com

… Of the End.

En réalité, Magical Girl of the End pourrait être considéré comme une autre gifle au genre. L’aspect bon enfant y est également balayé et il ne reste ici qu’une image violente, loin de coller avec ce cliché de filles joyeuses se battant de toutes leurs forces au nom l’amour et de l’amitié. Pourtant il est difficile de comparer celui-ci à Puella Madoka Magica.  Aussi bien dans la forme que dans le fond, cette œuvre ne ressemble à aucune autre et mérite en un sens qu’on y retienne son attention.

Le dessin est bien. Outre les cases souffrant d’une fuite abondante d’hémoglobine, Kentaro Sato parvient à nous accrocher rien que par le découpage et les plans souvent larges ou écrasés de ses grandes cases. On comprend vite ce qu’il faut regarder mais j’aurais cependant du mal à dire de son trait qu’il est beau ou attirant. Si l’on comprend les émotions qui passent dans la tête des personnages dur de dire autant de bien de sa manière de représenter les hommes et les femmes, les proportions stéréotypés, les tailles ridicules de poitrine et le gout prononcé de l’auteur pour les fesses de ses demoiselles.

Si cela participe à l’impression de malaise et de n’importe quoi du manga, autant le dire tout de suite, on trouvera davantage d’intérêt dans l’aspect dégoutant des scènes gores, la violence des scènes de panique, le stress perpétuel et l’impression que le casting principal n’aura aucun répit.

Et pourtant je ne sais pas vraiment quoi penser de ce manga. Peu de choses semblent avoir de sens dans cette histoire. Des Magical Girls aussi violentes dans les actes que dans les mots s’amusent à tuer tout ce qui leur passe devant les yeux. Les protagonistes ont pour la plupart des caractères très marqués et prêts à dérailler dans cet univers apocalyptique. Pourtant au fur et à mesure que les pages défilent on découvre des responsables, un raisonnement s’établit chez chacun des personnages et on espère arriver un jour à un dénouement avec des explications sur ces Magical Girls, leur origine et les raisons de leurs actes.

Ce qu’il y a de gratifiant dans la démarche de l’auteur c’est qu’on ne semble pas suivre la série seulement pour les effusions de sang, le fanservice et les situations incompréhensibles ou les héros se retrouvent à faire des choses qu’ils ne feraient pas d’ordinaire. Magical Girl of the End suit une ligne directrice et malgré les péripéties qui font douter plus que souvent sur l’état mental de l’auteur, on semble se diriger quelque part.

J’aurais au final du mal à recommander le manga les yeux fermés. Le choix d’Akata d’avoir fait commencé sa collection WTF par ce manga est compréhensible. On est clairement face à quelque chose d’insoupçonnable et un manga recommandable aussi bien pour la blague que pour promettre un souvenir déjanté. Reste à savoir cependant si Kentaro Sato est à l’image même du titre de cette collection ou si celui-ci cherche à développer un fil scénaristique qui dépasse la simple envie de surprendre pour surprendre.

Magical Girl of the End est un shonen de Kentarou Satou publié dans le magazine Bessatsu Shonen Champion et édité chez Akita Shoten. En France et au moment de la republication de cet article, 13 tomes sont disponibles depuis le 22 Juin 2017.

Plus d’infos sur Magical Girl of the End :

 

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