Full Metal Alchemist: Brotherhood, le droit à une seconde chance.

Full Metal Alchemist : Brotherhood est la seconde adaptation animée du manga Full Metal Alchemist d’Hiromu Arakawa, succédant ainsi à une première version animée qui avait vu le jour en 2003 et qui s’éloignait rapidement de l’histoire originale, faute de matière, le manga étant encore en cours de parution. C’est donc en 2009, à l’aube des derniers tomes du manga que le studio Bones s’est attelé à la réalisation d’un nouvel animé, plus fidèle cette fois-ci au scénario d’Arakawa.

La petite vie de tonton Sirop

Avant toute chose, laissez-moi vous raconter comment je me suis intéressé à ce manga/animé. Si cela vous indiffère alors veuillez passer directement au troisième paragraphe…mais vous auriez tort, ma vie est cool.

Si je devais citer deux mangas qui m’ont particulièrement marqué, il y aurait en premier lieu Dragon Ball, évidement, et Full Metal Alchemist. Pourtant ma première approche avec FMA ne fut pas des plus convaincantes. C’était il y a fort fort longtemps, à une époque où je sautais sur tout ce qui se rapprochait de près ou de loin à de la japanimation ou a des mangas.

Par un bel après midi de printemps 2005, je m’adonnais à mon petit plaisir hebdomadaire, la lecture du Télé Z, afin de guetter les programmes intéressants et lire les blagues (nulles) des lecteurs. C’est à cette occasion que j’aperçus pour la première fois le nom de “Full Metal Alchemist” qui passait jadis sur Canal+ et qui venait remplacer Excel Saga. En tant que bon prolo des familles, je n’avais pas Canal+ mais par chance FMA était diffusé en clair! “Bigre, voilà ma chance de me rapprocher de l’élite fortunée et de pouvoir profiter moi aussi d’une chaine payante ” me dis-je.

Désireux d’en savoir davantage, je me suis arrangé pour être devant ma télé le jour de la diffusion du premier épisode de la série de 2003 (en gros j’ai dit “non” à ma mère quand elle voulait m’emmener à carrouf avec elle), et là ce fut le choc ! La transmutation humaine ratée, la jambe d’Edward disparue et le sang qui coulait à flot suffirent à me convaincre d’éteindre ma télévision. Un grand moment de fragilité, je n’étais pas prêt. C’est alors que, les yeux larmoyants et le poing serré, j’ai maudit Famille de France qui n’avait pas su me protéger de cette imagerie avilissante.

“Mon innocence vient d’être brisée à jamais” Me dis-je.

Quelques années plus tard, ma sœur ramena les premiers tomes du manga dans notre sainte demeure, ignorant ainsi mes avertissements avisés constitués de “Regarde pas Full Metal Alchemist, c’est dégueulasse, y a du sang” . Mais j’avais grandi, et je me sentais prêt à affronter mes peurs, c’est ainsi que je me suis lancé dans la lecture de l’œuvre d’Arakawa… jusqu’au tome 12 seulement. La série était alors toujours en cours de parution. Je me suis donc jeté sur la série de 2003 que j’avais beaucoup aimé. Je n’oubliais pas bien sûr de lire les chapitres qui sortaient tous les 2 mois et de regarder Brotherhood plus tard.

Plus récemment je me suis relu l’intégrale de la série, et ayant encore envie de suivre Ed et sa bande, je me suis offert les coffrets bluray de Brotherhood. Je me suis donc laissé dire qu’il serait judicieux de proposer ma critique comparative sur Vaikarona malgré la date de sortie de l’animé et sa notoriété…voilà voilà, désolé mais j’ai toujours ce besoin maladif de me justifier, et maintenant, je vous laisse avec la critique !

Bienvenue à Amestris, pays de l’Alchimie

A Amestris, un pays fictif régi par l’alchimie, une science permettant de quasiment tout créer sous le joug de l’échange équivalent (on ne peut rien obtenir sans sacrifier quelque chose de similaire), Edward et Alphonse Elric sont deux jeunes alchimistes de talents qui cherchent la légendaire pierre philosophale afin d’absoudre leur pêché : avoir pratiqué l’acte tabou, la transmutation humaine en essayant de ressusciter leur défunte mère et révoquer leur punition qui les a privés de leur corps d’origines.

L’ainé, Ed, vivant depuis l’incident avec des prothèses métalliques au bras droit et à la jambe gauche tandis que le second, Alphonse se retrouve privé de l’intégralité de son corps et ne doit son existence qu’a une armure à laquelle son âme a été affixée.
On suit alors leurs péripéties à travers tout le pays où, dépassés par les événements, ils devront rapidement s’impliquer dans une quête bien moins personnelle mêlant les plus hauts dignitaires du pays. Une allégorique de notre monde, aux multiples inspirations historiques, en particulier à la seconde guerre mondiale et au nazisme, et religieuse avec notamment de nombreuses références à la religion catholique.

“Choisissez le Ishval de Tripadvisor”

Pour son premier manga à succès, Hiromu Arakawa, signait un véritable chef d’œuvre, « un manga d’apprentissage », qui arrivait à se démarquer suffisamment du schéma classique du shonen pour que ce soit réellement appréciable.
Avec des thèmes plus adultes (la mort, l’armée, les génocides, la corruption…) et très bien étudiés, notamment en ce qui concerne l’alchimie où l’on sent un véritable travail de recherche grâce à des références subtiles dissimulées ici et là sur les noms des personnages ou même les lieux qui constitue l’univers de Full Metal Alchemist.

Les personnages de Ed et Al ne tiennent pas en place et ce pour notre plus grand plaisir. La sensation de voyage est clairement présente et les villes et pays se succèdent pendant la quête de la jeune fratrie. Un des points forts de Full Metal Alchemist Brotherhood c’est ses personnages: c’est simple aucun n’est détestable. Ils ont tous leur personnalité et leur petit charme, si certain laissent indifférent, aucun ne me donne envie de faire des doigts à mon écran lorsqu’il apparait et sincèrement ça fait du bien.

L’exemple type du personnage secondaire ultra attachant: Alex Louis Armstrong.

Un autre point très appréciable c’est la bienveillance d’Arakawa envers tous ses personnages, héros ou non, la plupart auront droit à un moment de gloire. De plus, le manichéisme est plutôt nuancé: si les “méchants” peuvent être rangés dans cette catégorie c’est parce que leurs objectifs vont à l’encontre de ceux des héros et on apprendra petit à petit que chaque ennemi de l’humanité aura une raison personnelle d’agir ainsi (ou une obligation naturelle) ou alors ne sera pas foncièrement mauvais.
Arakawa nous livre également sa critique sur l’humanité en mettant en exergue la plupart des vices de l’homme à travers les homonculus (les principaux antagonistes) en particulier l’avarice et l’opportunisme qu’elle prend plaisir à mettre en avant dès que les objectifs de ses personnages diffèrent ou qu’une proposition alléchante fait irruption.
C’est ce regard intelligent et judicieux qui fait toute la force et la profondeur de FMA.

Une conversion réussie ?

Si le premier animé avait convaincu de par son ambiance générale et sa trame originale, nombreux étaient les fans du manga qui s’étaient trouvés déçus de ne pas avoir droit à une version animé suivant l’intrigue voulue par l’auteur. Aujourd’hui c’est chose faite puisque Brotherhood, contrairement à son ainé, suit bel et bien le manga, en résulte une fidélité et un désir de bien faire tel que certains plans de l’animé sont rigoureusement conformes aux cases de la version papier.

Quant au scénario, il est identique dans les grandes lignes…mais justement, dans les grandes lignes !

Le fan absolu qui aura dévoré chaque tome du manga ne sera pas dupe, afin de tout condenser en 64 épisodes, il aura fallu procéder à des ellipses ici et là ou alors se priver de petits détails qui faisaient tout le charme du format d’origine, exit donc quelques moments d’humour et bonjour à quelques modifications scénaristiques bénignes mais bien visibles, dommage.

Moins généreux que son homologue papier, Brotherhood ne se prive pas pour autant de moment d’humour.

Le premier animé offraient des premiers épisodes relativement fidèles au déroulement du manga, de ce fait les 14 premiers épisodes de Brotherhood présentent bien des similitudes avec le début de la série de 2003, c’est ce qui a sans doute poussé l’équipe à procéder à des ellipses parfois incompréhensibles (l’épisode des mine de Youswell passe à la trappe et n’est que mentionné, du délire) et surtout à commencer la série avec un gros HS bien gras qui se montre extrêmement redondant avec l’épisode 3 dans sa conception, le vilain.

Fort heureusement, la gêne rencontrée par la prod’ s’évapore avec l’arrivée des personnages de Xing qui marque un détachement net entre les deux séries et permet l’envol significatif de Brotherhood qui n’a alors de cesse de se bonifier au fil des épisodes.

Compréhension, destruction, reconstruction

Pour son nouveau projet, le studio Bones a confié la réalisation à Yasuhiro Irie (Kurau Phantom Memory, Code:Breaker) succédant à Mizushima Seiji (Concrete Revolutio, Mobile Suit Gundam 00) qui s’était occupé de l’animé de 2003. Le studio a également fait les choses en grand en s’offrant les services de quelques grands noms de l’animation japonaise, c’est ainsi que des dizaines d’animateurs renommés ont été amenés à apporter leur touche personnelle comme Hironori Tanaka qui, fidèle à lui même, nous livrera des scènes de combats dynamiques, fluides et époustouflantes.

Cependant, si tout se suit parfaitement, l’œil avisé saura constater un rapport image par seconde quelquefois assez faible, en particulier lors des premiers épisodes. Quant aux dessins, s’ils font honneur au soin d’Arakawa ils demeurent assez inégaux offrant parfois des traits plutôt timides, mais rien d’alarmant.

La majeure partie du temps, les dessins sont un plaisir pour les yeux

Pour finir, l’OST est globalement décevante, si le premier animé pouvait se vanter d’une bande son très sympathique ( Bratja, c’était quelque chose! ), Brotherhood en dépit d’un répertoire varié, trouve tout de même le moyen de se montrer répétitif musicalement et offre des thèmes bien trop discrets pour qu’on y accorde la moindre attention particulière, hélas seuls les opening et ending s’en sortent réellement bien.

Ce nouvel animé reste cependant une alternative intéressante et permet un divertissement sincère et très plaisant à qui voudrait voyager à Amestris sans lire le manga ou pour calmer les lecteurs ayant bouclés l’œuvre d’Arakawa avec une soif immuable d’alchimie et d’échange équivalent.

Plus d’infos sur Full Metal Alchemist Brotherhood :

Et maintenant, la zone spoiler !

Nous voilà maintenant entre nous, débarrassé des gueux qui n’ont pas connaissance de la richesse de l’univers de Full Metal Alchemist, alors parlons plus librement.

Revenons sur des points qui fâchent (et là je parle de l’œuvre dans sa globalité, et donc aussi bien du manga que de l’animé), sincèrement j’adore FMA, quand j’ouvre une porte je tape toujours dans mes mains pour simuler l’alchimie comme un demeuré et je porte fièrement mon T-shirt Ouroboros en bombant le torse mais le manga n’est pas exempt de défauts.

Tout le long on nous parle des alchimistes comme étant des armes humaines, la venue d’une guerre comme celle d’Ishval était donc évidente. Quand celle-ci arrive enfin, Arakawa est loin de la mettre en avant. La confrontation entre les troupes de centrale et celles de Briggs et d’East city est trop gentillette et ne s’offre pas les allures d’une vraie guerre ce qui est diablement frustrant.

Et pourtant, la guerre semble avoir de la gueule dans l’opening, snif.

De ce fait les pertes alliées ne sont pas suffisamment présentes pour être marquantes et surtout se focalisent sur des personnages secondaires (bien qu’attachants) comme Hughes, Fu ou Buccaneer par exemple. Je ne suis pas un sadique mais je pense que tuer un gros personnage comme Roy Mustang (que j’adore vraiment) aurait eu un impact significatif et aurait apporté une plus-value à la série.
Le final est très bon et apporte une grande satisfaction pour le fan mais la happy-end est trop parfaite et aurait gagnée à être quelque peu nuancée.
C’est vraiment le seul point qui m’a réellement gêné, pour moi ce manga et cet animé, sont proches de la perfection et je ne regrette pas de lui avoir donné une seconde chance malgré le traumatisme, surtout pour la qualité de ses personnages et de sa narration.

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