Redline “By Takeshi Koike”

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Article publié initialement le 23 Aout 2015

Redline est un film d’1h30 sorti en 2010. Produit par le studio Madhouse, il est disponible chez Kazé et chez ADN et est noté 8.67/10 sur Icotaku.

Redline est une course célèbre connue dans tout l’univers où les concurrents s’affrontent en ayant recours à toutes les armes envisageables. Seuls ceux ayant été choisi durant la Yellowline peuvent y participer. JP, en compagnie de son ami et mécano Frisbee, sont légèrement endettés et gagnent leur vie en truquant les courses mais notre héros comme un bon coureur est attiré par la victoire depuis longtemps et ne peut s’empêcher de vouloir gagner. Par un heureux concours de circonstances, il finit par remporter sa place pour la mythique course et s’apprête à concourir aux côtés de la belle Sonoshee, l’invaincu Machinehead et bien d’autres concurrents hors pairs.

Vu il y a quelques semaines, j’avais été guidé par quelques vidéos alléchantes et de nombreux commentaires positifs alors que je trainais sur IRC. J’ai pu y découvrir des décors exceptionnels, des personnages extravagants, une animation somptueuse et un animateur talentueux : Takeshi Koike.

Le film commence durant l’une des épreuves de la Yellowline, la manche éliminatoire ou seul le premier peut espérer aller en final. C’est lors de cette course que nous découvrons le héros de l’histoire, un homme confiant assez charismatique dont on découvre l’étendu du talent très rapidement avant qu’il ne soit victime d’un accident (légèrement provoqué) et finisse bon dernier. La YellowLine est de ce fait une excellente entrée en matière en posant aussi bien le ton, le décor, ce à quoi on peut s’attendre visuellement et quelques uns des futurs protagonistes de la Redline. Pendant ce temps le public assez particulier et euphorique manifeste sa joie et traduit en quelques visages déformées l’évènement qu’est cette compétition. Heureusement, notre héros, bien que bon perdant de cette course se retrouve, par un lot de circonstances étranges à participer à la Redline.

D’un autre côté c’est une véritable démonstration de talents. Tout y est excellemment bien travaillé: le rythme de la course, le design des véhicules, les mouvements, les réactions. Impossible de quitter la compétition des yeux, tout est prenant et la musique n’aide pas à nous décrocher. Je m’étonne encore du nombre de plans que l’on peut apercevoir en moins d’une minute, entre le volant, le compteur de vitesse, le visage des conducteurs, les différents véhicules, le public,… L’équipe du film nous fait ainsi ressentir la vitesse d’une dizaine de manières différentes en passant par les trames de fond, l’image tremblante, les trainées de fumée, les angles de vue déformés ou encore l’impression de flou sur certains plans.

Mais n’oublions pas la première chose qui saute aux yeux quand on découvre le film ce sont ces ombres entièrement noires, ce trait gras, ces personnages au design hors du commun ;  ce style unique et inimitable qui est celui de Takeshi Koike. Ajoutez à cela tout le travail minutieux apporté sur les véhicules, l’environnement et vous obtenez un ensemble homogène, détaillé et plus qu’agréable pour la rétine.

Ce n’est pas la première fois que l’animateur et réalisateur montre son talent. Ayant travaillé sur des œuvres comme Yawara (1989), le film X de Clamp (1996) ou encore Card Captor Sakura (1998) pour l’animation clé, ce n’est qu’en 2000 qu’il montrera ce style qui le caractérise tant  en réalisant l’opening du film live Party 7. On le retrouvera à la réalisation du sketch “World Record” d’Animatrix (série de 9 courts métrages américano-japonais dans l’univers de Matrix) ou à l’opening de Samurai Champloo. Sur Redline il s’occupe du storyboard, de l’animation clé, du character design mais aussi de celui des voitures.

Redline c’est 7 ans de travail durant lesquels Madhouse a donné carte blanche au réalisateur. On compte plus de 100 000 images dans ce film, tous d’une incroyable qualité. Vous pourriez faire pause à n’importe moment du film sans tomber sur une seule image moins travaillée qu’une autre.

Redline c’est au final  2 courses sur un film d’1h40. C’est à la fois peu et beaucoup, d’autant plus que la fameuse Redline s’étale sur presque un tiers de la durée totale. Entre temps, on découvre le caractère des principaux participants de la Redline, abordés soit par le journal télévisé de l’évènement soit lors les rencontres de notre héros JP. Aucun ne se ressemble et chacun voit un de ses traits de caractère ressortir plus qu’un autre et se manifester par son apparence physique. Rien n’est inventé mais cette panoplie d’individus hors du commun est très appréciable à suivre. Les protagonistes JP, Frisbee et Sonoshee ont en plus droit à quelques flashback. L’occasion de s’attarder sur eux en bien ou en mal et donner une raison plus que crédible à ceux qu’ils soient les héros de la prochaine course. En dehors des coureurs et des spectateurs nous avons également l’habituel antagoniste maléfique désireux de conquérir l’univers et qui va chercher à perturber la Redline à plusieurs reprises. Fait anodin, la plupart des doubleurs sont des acteurs contrairement aux habitudes japonaises de faire appel à des doubleurs à temps plein mais le résultat reste efficace et accrocheur.

En réalité, j’aurai sans doute préféré voir un film un peu plus neutre et qu’on laisse le choix du favori au public, surtout vu le travail fourni à rendre chaque personnage un tantinet intéressant. Bien qu’il ne manque pas de qualités, JP n’est pas lus original qu’un autre et je n’aurais pas été contre qu’on s’intéresse un peu à l’immense Machinehead (une véritable incarnation de la démesure) ou le duo survolté Miki et Todoroki. De l’autre côté, on passe pas mal de temps à aborder le casting maléfique sans forcément réussir à le rendre crédible ou bien drôle. Appelé le Président de Roboworld, ses scènes sont tantôt des références réussies et d’autres fois des échecs oubliables.

Si le cliché du personnage diabolique tourné au ridicule est toujours amusant à voir (cf. Space Dandy), je n’ai pas l’impression que ce soit l’objet de ce film.Tout un pan de la seconde course est pourtant transformé en champ de guerre où certains véhicules sont à l’arrêt tandis que d’autres se jettent dans l’affrontement. Et on sent que c’est voulu, l’absence de musique laisse place aux tirs de missiles et aux explosions..  L’intervention d’un slime géant, des armées aériennes et terrestres de Roboword et les passages en coulisse ne sont pas inintéressants mais elles détruisent le rythme de la course et on peut presque être tenté de préférer la première course.

La Redline reste cependant à la hauteur de la légende qui en est fait depuis le début du film. Le final est grandiose et la tension qui l’accompagne réussissent sans problèmes à accrocher une nouvelle fois notre rétine à l’écran. L’OST de James Shimoji donne un énième coup de maitre au dernier pan du film et se permet même un excellent générique durant lequel James Shimoji lui-même joue l’interprète.

Tout est pourtant loin d’être bon. Les flashback dont je parlais plutôt ne semblent avoir été là que pour créer un attachement artificiel et la fin du film ne donne aucune réponse aux mystères qu’ils créent. L’intrigue est convenu et c’est sans surprise que l’on voit JP et la charmante Sonoshee se rapprocher pour le bien d’un happy ending exagéré. On reproche ainsi souvent au film d’être une réussite visuelle qui flanche sur son histoire.

Pourtant je suis loin de garder un mauvais souvenir de Redline. Plus qu’efficace c’est une véritable expérience sensitive. Le travail fourni dernière est loin de s’effondrer par la faiblesse du scénario et même celui-ci est un excellent prétexte à la démonstration qu’aura été ce film. Les facilités de l’histoire peuvent être ou non excusables, ne le rendent pas mauvais pour autant mais l’empêche surtout d’être plus qu’un magnifique divertissement.

Il s’agit sans conteste du travail le plus abouti de Takeshi Koike. Si l’on peut désormais le découvrir dans les derniers films Lupin, Redline a cette particularité d’être le résultat concret de 7 ans de travail mais aussi une invitation à ceux qui aiment les courses automobiles, les univers extravagants et même ceux qui n’attendent rien de s’éclater la rétine sans voir le temps passer.

Je vous laisse avec ces quelques vidéos en anglais qui présentent un peu mieux Takeshi Koike ainsi que 2 vidéos sur Redline.

 

Plus d’informations sur Redline :

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